Après douze mois en prison, les dirigeants bahá’ís en Iran sont sujets à de nouvelles accusations

Après avoir passé un an en prison, sans que des chefs d’accusations officiels soient portés contre eux et sans qu’ils puissent communiquer avec Shirin Ebadi, leur avocate, les sept dirigeants bahá’ís emprisonnés en Iran font face à de nouvelles et très graves accusations.

Selon Bani Dugal, principale représentante de la Communauté internationale bahá’íe aux Nations Unies, « Malgré leur évidente innocence et les nombreux appels pour qu’ils soient immédiatement libérés, ces cinq hommes et deux femmes sont depuis maintenant un an dans une situation juridique incertaine, qui contrevient à toutes les normes internationales sur les droits de la personne. »

« En outre, leurs familles ont récemment été informées qu’une nouvelle accusation pourrait être portée contre eux, celle de ‘‘ répandre la corruption sur la Terre ’’, ou ‘‘ Mofsede fel-Arz ’’ en persan, un crime capital, selon le code criminel de la République islamique d’Iran », ajoutait Mme Dugal.

Le 30 mars 2009, la Chambre des communes du Canada a adopté une motion au langage incisif, demandant la libération immédiate de ces bahá’ís, et faisant écho à des demandes semblables ces derniers mois de la part de l’Union européenne et des gouvernements de l’Allemagne, de l’Australie et des États-Unis, et d’importantes organisations pour la défense des droits de la personne.

Les 30 000 bahá’ís du Canada observent anxieusement la situation en Iran. Naeim Tavakkoli, le fils d’un des dirigeants bahá’ís incarcérés, et sa femme Neda, qui habitent à Ottawa, sont deux des quelque 9 000 bahá’ís canadiens d’origine iranienne qui ont des liens étroits avec la communauté bahá’íe d’Iran ciblée par les persécutions.

La détermination du gouvernement iranien, de mettre en œuvre son intention de supprimer la communauté bahá’íe du pays où cette religion a vu le jour au dix-neuvième siècle et où elle constitue la plus importante minorité religieuse, semble s’être renforcée. Le ministère des Renseignements ordonne aux bahá’ís de se présenter à ses bureaux, où ils sont soumis à des interrogatoires et à des pressions pour signer un document promettant de ne participer à aucune activité bahá’íe. Ils refusent de signer de tels documents. Les employés de l’État cherchent à identifier et à surveiller les bahá’ís. Ceux-ci sont constamment diabolisés, ils ont été soumis à une longue campagne d’incitation à la haine dans les médias contrôlés par l’État, à une déformation flagrante de l’histoire et des enseignements de la Foi dans les manuels d’école, à des efforts systématiques pour les appauvrir en leur bloquant l’accès à l’éducation supérieure et aux moyens de gagner leur vie, à une exclusion systématique des emplois dans la fonction publique, dans le domaine juridique et dans plus de vingt types d’entreprises, du fait qu’ils sont « impurs » ou qu’ils présentent un risque pour la sécurité, à des efforts systématiques pour les chasser de certains villages et de certaines régions rurales, et à un refus persistant de la part des autorités d’admettre que la foi bahá’íe est une religion.

Lisez aussi l’article (en anglais) publié sur le site de la Communauté bahá’íe internationale, à l’adresse www.news.bahai.org.

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