La semaine de responsabilisation de l’Iran organisée par le groupe de tous les partis pour la sixième année consécutive

La semaine de responsabilisation de l’Iran organisée par le groupe de tous les partis pour la sixième année consécutive

Au cours des six dernières années, la première semaine de mai a été marquée par les membres de tous les partis politiques fédéraux comme « la semaine de responsabilisation de l’Iran ». C’est le procureur général, Irwin Cotler, membre du parti libéral, qui a pris l’initiative de rendre l’Iran responsable d’incitation au génocide ainsi que d’autres menaces à la paix et à la sécurité internationales. Cette action a été soutenue par les autres partis et a été marquée par des réunions annuelles sur les droits de l’homme en Iran, organisées par le Sous-comité des droits internationaux de la personne de la Chambre des communes.

Cette année, le Bureau des affaires publiques de la communauté bahá’íe a aussi coparrainé des événements en lien avec la semaine de responsabilisation de l’Iran, à Ottawa et à Toronto. À Ottawa, un débat public fut organisé par le Centre Raoul Wallenberg pour les droits de l’homme, basé à Montréal, et le Caucus parlementaire multipartite Raoul Wallenberg pour les droits de l’homme. L’événement s’est tenu près du parlement et comportait une discussion de groupe présidée par le professeur Cotler, avec Marc Dubowitz (PDG de la Fondation pour la protection des démocraties), le professeur Payam Akhavan (université de McGill), Maziar Bahari (IranWire) et Corinne Box (directrice des relations gouvernementales de la communauté bahá’íe du Canada). Plus de 70 personnes étaient présentes, parmi lesquelles, en plus du public intéressé, des membres du parlement et des sénateurs.

Madame Box a mis l’accent sur les déclarations récentes du ministre iranien des Affaires étrangères, Muhammed Javad Zarif, qui a dit « qu’être bahá’í n’est pas un crime. » Elle a attiré l’attention sur la montée des persécutions des bahá’ís en Iran à cause de leurs croyances religieuses, y compris l’incarcération de 77 bahá’ís et des centaines d’incidents d’oppression économique, ainsi que la dissémination par les médias de plus de 26 000 articles de propagande anti bahá’íe.

“ Alors que de plus en plus d’Iraniens en arrivent à rejeter la politique de haine et d’exclusion du gouvernement, que faudra-t-il au gouvernement iranien pour qu’enfin il reconnaisse les bahá’ís comme des citoyens à part entière? » Telle fut la question posée par Mme Box.

Elle a déclaré que son espoir pour l’Iran résidait dans le peuple iranien et la certitude qu’il désirait la vérité, la justice et l’égalité pour sa société; cependant, les gouvernements occidentaux ont aussi un rôle important à jouer : « Ils doivent rester inflexibles en ce qui concerne leurs efforts de faire respecter l’équité dans leurs relations diplomatiques avec l’Iran. Si l’Iran veut s’ouvrir au monde, il doit aussi être prêt à répondre à certaines questions. Ces questions doivent venir des autres gouvernements et de la presse. » Madame Box a insisté sur le rôle prépondérant du Canada concernant la résolution annuelle de l’ONU sur les droits de l’homme en Iran.

Plus tard, une conférence de presse fut organisée par le Sous-comité des droits internationaux de la personne de la Chambre des communes, au cours de laquelle le professeur Cotler, le député libéral Michael Levitt (président), la députée néodémocrate Cheryl Hardcastle, et Mme Box se sont exprimés. La conférence de presse a été filmée par la CPAC et peut être visionnée par le public.

Au cours de la conférence de presse, le professeur Cotler a fait référence à « la répression massive nationale …qui, cette année, fut le thème central de la semaine de responsabilisation de l’Iran, » une condition qui n’a fait qu’empirer au cours de l’année écoulée, a-t-il fait remarquer. Il a cité la communauté bahá’íe comme étant « la cible principale des persécutions religieuses en Iran. »

Dans ses réflexions (à partir de 11:25), Mme Box a tout particulièrement fait référence à « un aspect moins connu, mais insidieux de cette persécution, celui de l’apartheid économique. Il s’agit de l’exclusion systématique de la vie économique. » Cela comprend le refus de l’accès à l’enseignement supérieur, l’exclusion du secteur public, et des restrictions quant à l’emploi dans le secteur privé. Elle fit remarquer que depuis l’élection du président Rouhani, plus de 700 incidents de répression économique visant les bahá’ís ont été constatés.

Les parlementaires ont aussi fait des déclarations de soutien aux bahá’ís en Iran. David Anderson, député canadien conservateur, secrétaire du cabinet fantôme pour les droits de l’homme internationaux et la liberté religieuse, membre du Sous-comité des droits internationaux de la personne et membre fondateur du Groupe international de parlementaires pour la liberté de religion ou de conviction (IPPFoRB), a déclaré :

“L’intense persécution de la minorité religieuse que sont les bahá’ís se poursuit sans relâche. Six membres du groupe de sept bahá’ís condamnés à la prison pour rien d’autre que d’avoir pratiqué leur foi au sein de leurs communautés, ont été libérés après dix ans d’incarcération. Il en reste encore un en prison. Je mêle ma voix à celle de tous ceux qui, dans le monde, demandent la libération immédiate et sans condition de Afif Naeimi.

Le député conservateur David Sweet, vice-président du Sous-comité des droits internationaux de la personne de la Chambre des communes, a aussi déclaré: « Nous ne devons pas relâcher nos efforts et continuer à condamner la multitude de violations des droits de l’homme perpétrées par le régime iranien. Des prisonniers de conscience continuent de languir en prison. Une fois de plus, j’ai le triste devoir de demander la libération d’au moins 77 bahá’ís qui sont encore incarcérés. »

Au sénat, la sénatrice libérale Mobina Jaffer a apporté ses propres mots de soutien, attirant l’attention sur les agressions alarmantes dont sont victimes les bahá’ís au Yémen :

« Il a été confirmé, à maintes reprises par différentes sources indépendantes, que les autorités iraniennes dirigent les persécutions des bahá’ís au Yémen, y compris des déclarations de dirigeants yéménites influents qui équivalaient à des incitations au génocide. Les bahá’ís emprisonnés au Yémen pour leurs croyances religieuses à l’instigation du gouvernement iranien, doivent être libérés. »

En plus des événements organisés à Ottawa, le Bureau des affaires publiques a coparrainé la projection publique du film de Maziar Bahari, “Changer le monde, un mur à la fois.” Le film raconte l’élaboration, à l’initiative de M. Bahari, d’un projet artistique international ouvert au public, sur le thème, « l’éducation n’est pas un crime, » et qui consistait à créer des peintures murales pour honorer l’accès à l’éducation et la recherche du savoir, en contraste avec le refus de l’accès à l’éducation pour les bahá’ís en Iran.

C’était la première projection publique du film au Canada à laquelle assistèrent environ 70 personnes. M. Bahari est un journaliste et cinéaste irano-canadien qui fut emprisonné quatre mois en 2009 par le gouvernement iranien, à cause de son reportage sur les élections présidentielles. Il a assisté à la projection et a pris part à une discussion sur le film avec l’avocate et conteuse Afsoon Houshidari. Ils ont exploré les voies de la transformation sociale en Iran. La vidéo de l’interview est maintenant disponible.

“Changer le monde, un mur à la fois, est l’histoire d’une campagne de grande envergure, » expliqua M. Bahari. « Nous avons lutté contre la brutalité en utilisant les arts et la créativité. Le fait d’avoir pu réunir un si grand nombre d’artistes – qui ne savaient rien de la persécution des bahá’ís en Iran, et qui ont créé de magnifiques œuvres artistiques à travers le monde – montre qu’il existe une volonté parmi les gens de différentes cultures de s’associer à cette lutte.