Le sénateur Roméo Dallaire dénonce le traitement fait aux bahá’ís en Iran

Le sénateur Roméo Dallaire dénonce le traitement fait aux bahá’ís en Iran

Le sénateur Roméo Dallaire a pris la parole devant le Sénat canadien, mardi le 29 novembre 2011, et a fait une des condamnations publiques les plus virulentes et détaillées sur le traitement fait aux bahá’ís par l’Iran.

Il a déclaré : «la situation [des droits fondamentaux] de ce groupe [les bahá’ís d’Iran] se dégrade de façon catastrophique […]».

«Tout Iranien qui s’identifie à la foi baha’ie se voit interdire l’accès aux études supérieures, l’obtention d’un poste dans la fonction publique […]. Il y a une similitude indiscutable avec ce que j’ai pu observer au Rwanda, et le discours employé est, apparemment, aussi enflammé.»

«Toute promotion de la foi baha’ie doit être punie par des tactiques d’exclusion. […] Ce groupe particulier est opprimé non pas pour son appartenance ethnique, mais bien pour des motifs religieux. Et, en fin de compte, je dirais qu’il s’agit d’éliminer ce groupe. Si vous êtes baha’is, on vous refuse les avantages normalement rattachés à la citoyenneté.

Cliquez ici pour lire le texte complet du discours du sénateur Dallaire sur la situation des bahá’ís en Iran.

Le sénateur Dallaire est un des Canadiens les plus connus, honorés et respectés dans le monde, en raison de son travail humanitaire et de sa défense courageuse des populations menacées. Le sénateur Dallaire est lieutenant-général à la retraite, il est auteur, à la fin des années 90, il a été commandant des forces de la paix de l’ONU au Rwanda, il a fait l’objet de plusieurs documentaires et d’un long métrage qui raconte son histoire saisissante alors qu’il se trouvait au milieu d’un des pires génocides de l’histoire et que la communauté internationale a refusé de répondre à ses appels, demandant qu’on lui confère l’autorité nécessaire pour tenter de bloquer le massacre de millions de personnes au Rwanda. Le sénateur Dallaire est codirecteur de l’Institut montréalais d’études sur le génocide et les droits de la personne, il est souvent conférencier lors d’importantes conférences internationales et de l’ONU et il est un des membres du Sénat canadien qui s’exprime sans détour.

Au cours de son discours au Sénat, il a résumé l’historique des persécutions dont les bahá’ís sont victimes, depuis la naissance de leur religion en Iran, au dix-neuvième siècle. Il a expliqué que les bahá’ís « élisent leurs dirigeants et n’ont pas de hiérarchie ecclésiastique. Ils croient notamment dans l’égalité des sexes et dans l’harmonie entre la science et la religion – principes dont d’autres nations pourraient s’inspirer. […] L’origine de cette persécution tient aux différences techniques entre la foi baha’ie et […] la majorité chiite, surtout parce que les baha’is croient que Mahomet n’est pas le dernier prophète envoyé par Dieu.»

Le sénateur Dallaire a passé en revue l’intensification récente des attaques contre les bahá’ís, l’emprisonnement des chefs bahá’ís et il a souligné les efforts du gouvernement iranien pour bloquer tous les efforts des bahá’ís pour pourvoir eux-mêmes à leur éducation, après qu’il leur a été interdit de poursuivre des études supérieures. Il a décrit les efforts novateurs et courageux entrepris pour fournir une éducation aux bahá’ís d’Iran.

«Nous pouvons dire fièrement que 63 de [leurs] enseignants ont obtenu leur diplôme au Canada. Nous soutenons cet effort que vous jugeriez subversif si vous étiez un fonctionnaire iranien.»

«Le taux d’incarcération des baha’is en Iran augmente à un rythme alarmant. Au cours des 18 derniers mois, on l’a vu augmenter de façon exponentielle. En 2004, ils n’étaient que quatre à être emprisonnés; en 2010, ils étaient 48. En 2011, le nombre dépasse la centaine. Plus de baha’is ont été arrêtés au cours de la dernière année qu’au cours des six dernières années combinées.»

«Que devrait faire notre gouvernement? Premièrement, nous devons nous assurer d’accueillir tout baha’i iranien qui demande le statut de réfugié au Canada. […] Deuxièmement, nous devons utiliser le nouvel outil qu’est le Bureau de la liberté de religion, que le gouvernement a mis en place. […] Troisièmement, nous devons nous assurer que notre approche envers l’Iran dans le domaine des affaires étrangères soit constante et cohérente. La problématique du terrorisme, de la répression à l’endroit des groupes minoritaires et du conflit avec Israël doit être considérée pour avoir une vue d’ensemble de la situation.

«Nous avons un autre clou à mettre contre ce pays qui non seulement opprime les gens, mais met à risque le reste du monde par son désir de se munir d’armes nucléaires. Nous devons nous assurer que notre réponse soit proportionnelle à la menace présente.»