Les bahá’ís répondent à l’appel en prenant des mesures pour protéger l’environnement

Les communautés bahá’íes à l’échelle du Canada commencent à adopter des pratiques plus vertes et plus durables à la demande de l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís du Canada.

L’Assemblée nationale, élue chaque année par les 30 000 bahá’ís du Canada, a écrit aux communautés bahá’íes locales en mars 2008 pour leur rappeler que protéger l’environnement était un devoir sacré. Cette initiative s’inspirait des recommandations formulées dans le cadre d’une conférence coparrainée en 2007 par la communauté bahá’íe du Canada : Répondre au changement climatique – Réalités scientifiques et impératifs spirituels.

« Jusqu’à maintenant, quelque 30 communautés ont accru leurs activités, a déclaré Duncan Hanks, directeur du développement socio-économique de la communauté bahá’íe du Canada. Ces activités vont de l’adoption de mesures pratiques, comme planter des jardins potagers à Aurora (Ontario) à l’organisation d’activités de sensibilisation, comme les conférences éco-shift de Montréal (Québec) qui sont destinées aux jeunes. »

Les bahá’ís de Burnaby (Colombie-Britannique) ont trouvé un certain nombre de façons d’intégrer une approche plus verte dans le rythme de leur vie communautaire. Par exemple, les membres étaient invités à marcher, à faire du vélo ou à prendre le transport en commun pour se rendre à l’une des fêtes des 19 jours, un élément spirituel, administratif et social important de la vie bahá’íe. Les membres qui ont participé à cette initiative couraient la chance de gagner des chèques-cadeaux échangeables à la libraire bahá’íe de Vancouver. La communauté déploie également des efforts pour éliminer ou réduire l’utilisation de papier. À l’exception de quelques membres, tous les bahá’ís de la communauté locale, soit 200 bahá’ís, reçoivent désormais la version électronique du bulletin communautaire, plutôt que la version papier. Le conseil bahá’í local, ou assemblée locale, n’utilise plus de papier depuis maintenant cinq ans.

À Grand Manan (Nouveau-Brunswick), la communauté bahá’íe fait la promotion du covoiturage et utilise de la vaisselle et des ustensiles réutilisables. Au cours des trois dernières années, les jeunes et les enfants bahá’ís d’Aurora ont planté un jardin potager en collaboration avec le York Region Food Network. La moitié de la récolte est remise à des banques d’alimentation locales. La communauté bahá’íe a aussi organisé l’une des fêtes des 19 jours au jardin, où les membres ont récité des prières et des écrits saints.

À Saltspring Island (Colombie-Britannique), les bahá’ís offrent depuis 17 ans un service de « lave-vaisselle » à l’occasion de la foire automnale locale, lavant littéralement des milliers d’assiettes chaque année. Cette initiative a permis d’éliminer l’utilisation d’assiettes en papier jetables et d’ustensiles en plastique.

À Ottawa (Ontario), les bahá’ís ont également mis l’accent sur l’adoption de pratiques vertes dans le cadre de la rénovation du nouveau centre communautaire bahá’í, et ce, malgré un budget limité. Parmi les nombreuses mesures qui ont été prises, il y a notamment l’utilisation d’un éclairage éconergétique, de peintures à faible COV et de toilettes à débit d’eau restreint dans une nouvelle salle d’eau accessible, et la création d’une cuisine conçue pour promouvoir le recyclage et le nettoyage de la vaisselle. Visitez le site du Faith & the Common Good pour lire l’histoire complète.

Plusieurs communautés bahá’íes entreprennent des projets environnementaux en collaboration avec d’autres organismes. À Kelowna (Colombie-Britannique), par exemple, les bahá’ís ont appuyé l’événement Stewardship of Creation (gérance de la création) parrainé par une église chrétienne. Plus de 75 personnes ont participé au programme. La communauté bahá’íe a contribué à la musique, aux prières et aux exposés. Elle a également organisé des stands pour que différentes religions et d’autres groupes puissent présenter leurs idées sur la conservation.

L’une des mesures les plus innovatrices est en cours à Montréal. En effet, de jeunes bahá’ís collaborent avec d’autres groupes afin d’organiser une série d’activités et d’ateliers axés sur l’écologie et intitulés SHIFT. Ces ateliers portent à la fois sur les milieux spirituel, émotionnel et physique.

De nombreux bahá’ís ont aussi fait preuve de leadership en faisant la promotion de l’environnement durable.

Karen Sepers gère une petite épicerie à Sleemen (Ontario).

« Bien que le sac en plastique soit une solution pratique et peu coûteuse, explique Mme Sepers, j’ai décidé il y a deux ans d’offrir uniquement des sacs en papier ou des sacs en tissu recyclables dans le but de réduire les matières plastiques qui se retrouvent dans les sites d’enfouissement. Bon nombre de mes clients rapportent aujourd’hui les sacs en papier pour les réutiliser. Ce n’est qu’un petit geste, mais il permet de sensibiliser les gens à l’égard de l’environnement. »

À plus grande échelle, Fariborz Sahba, l’architecte canadien qui a conçu les magnifiques terrasses du mausolée du Báb à Haïfa (Israël), a du même coup contribué à restaurer une grande partie des flancs dégradés du mont Carmel. Le projet, qui comprenait à la fois la création de jardins classiques et la restauration de l’habitat naturel, a fait l’objet d’une série télévisée sur les jardins intitulée Recreating Eden (recréer le paradis).

L’établissement d’une civilisation mondiale durable est un principe central de la foi bahá’íe. Au XIXe siècle, Bahá’u’lláh, son fondateur, a déclaré que le but ultime de la vie était de « travailler à l’établissement et à l’amélioration croissante de la civilisation », ce qui exige une relation durable avec l’environnement naturel.

Les bahá’ís du monde entier s’emploient à lancer un processus dynamique de croissance qui met l’accent sur le développement communautaire par le truchement d’une approche locale, axée sur un voisinage à la fois.

« Loin de diverger des processus de croissance en cours au Canada, l’attention que nous portons à l’égard des pratiques environnementales respectueuses de la terre et de l’unité de ses habitants doit appuyer et préserver ces processus, souligne l’Assemblée nationale dans son appel à la protection de l’environnement. Par conséquent, de petites initiatives devraient être lançées pour sensibiliser progressivement les gens à « l’empreinte écologique » qu’ils laissent derrière eux et pour développer leur capacité d’adopter des mesures responsables qui permettront de surmonter les défis liés au changement climatique, un phénomène mondial. »

Le changement climatique a fait l’objet d’un article publié en décembre par la communauté internationale bahá’íe à l’occasion de la conférence de l’ONU sur le changement climatique qui a eu lieu à Pozna? (Pologne). Cet article soulignait la nécessité d’adopter des approches internationales plutôt que des solutions nationales, car tous les gens sont les « habitants d’une même biosphère, les citoyens d’un même monde et les membres de la civilisation humaine ».