Réimaginer la société et le leadership public après le coronavirus
Podcast de l'épisode 3 avec : Ana Serrano, Shabnam Tashakour et Laura Friedmann

Réimaginer la société et le leadership public après le coronavirus

« Mon espoir pour la société est que cette crise nous permette de nous voir plus précisément comme une seule entité. Qu’elle nous fasse prendre conscience de l’unité de l’humanité… que nos destins sont liés, nos vies sont liées ».

Telles étaient les réflexions d’Eric Farr, doctorant et invité du Discours public, un nouveau balado produit par le Bureau des affaires publiques de la communauté baha’ie du Canada. Il a été invité à participer au deuxième épisode d’une minisérie de balados, « La résilience face à l’adversité », axée sur les valeurs qui guident notre société en réponse à la pandémie du coronavirus.

Cet épisode portait sur le pouvoir de la religion, et il a été rejoint par Hannah Marazzi, une responsable des parties prenantes du groupe de réflexion Cardus, et Esther Maloney, directrice exécutive du Illumine Media Project. Delaram Erfanian, responsable de la communication au Bureau des affaires publiques, animait la discussion. 

« Je pense que nous pouvons également voir comment, à l’échelle mondiale, la résilience est contagieuse et les communautés elles-mêmes peuvent saisir ce sentiment que tout n’est pas fermé et qu’il y a de nombreuses façons de s’entraider », a déclaré Mme Maloney. Leur discussion portait sur la manière dont la religion et la spiritualité contribuent à éclairer nos façons de penser et d’agir face à la pandémie, et ils ont exploré comment cela donne naissance à une nouvelle conscience qui peut aider la société à se reconstruire par la suite.

Le troisième épisode du Discours public portait sur le rôle de la communauté. Laura Friedmann, attachée de presse au Bureau des affaires publiques, a abordé ce thème avec Ana Serrano et Shabnam Tashakour. Mme Serrano occupe des postes de direction au Centre canadien du film et au projet Open Democracy, et Mme Tashakour est membre du Corps continental bahá’í des conseillers pour les Amériques.

En réfléchissant à la manière dont les communautés bahá’íes du pays se sont adaptées à la pandémie, Mme Tashakour a commenté : « Nous voyons tous les gens comme des protagonistes d’un processus de construction communautaire. Il y a donc des efforts de sensibilisation, pour qu’on prenne conscience et acquière certaines connaissances, qui pourraient protéger tout le monde durant cette pandémie. Ces efforts s’appuient sur les talents des membres de la communauté, qui s’expriment dans leur propre voix, dans leur propre langue. Les jeunes sont à l’avant-garde de ces efforts, et ils utilisent des moyens imaginatifs. »

Mme Serrano a ajouté que les gens sont de plus en plus conscients des valeurs qu’ils veulent voir reflétées dans la société : « Je pense que si nous parvenons à être attentifs, nous pourrons voir que — dans la prochaine itération de notre société — il pourrait y avoir bien des choses que nous pensions importantes, dont nous pensions avoir besoin, et dans lesquelles nous avons investi tous nos efforts, qui, en fait, ne sont pas importantes. Un nouvel ensemble de valeurs émergent et nous nous rendons compte qu’elles ont une bien plus grande importance pour nous. »

L’épisode le plus récent portait sur le leadership et la politique publique, avec Karim Bardeesy et Akaash Maharaj. M. Bardeesy est le directeur général du Ryerson Leadership Lab et M. Maharaj est le PDG du Mosaic Institute. Ils se sont entretenus avec Geoff Cameron, directeur des affaires publiques, sur les qualités de leadership en temps de crise et sur la manière de construire une vision unificatrice autour des politiques publiques qui servent le bien commun.

La conversation s’est concentrée sur la manière dont les dirigeants politiques, ainsi que les chefs de communauté, peuvent promouvoir un sentiment d’empathie et un objectif commun en ce moment.

« La clé de la démocratie ne réside pas dans des dirigeants forts, ce sont des sociétés fortes qui donnent naissance à des dirigeants compétents. L’action individuelle des citoyens, des organisations de la société civile, des groupes communautaires, c’est cela la vraie démocratie. »

« Ce que j’espère », a ajouté M. Bardeesy, « c’est qu’il y aura une sorte de grand débat au Canada autour du désir de revenir à ce qui était, par opposition à la construction de quelque chose de nouveau, et que toutes ces factions de “construction de quelque chose de nouveau” pourront se réunir. »