Comment la religion influence-t-elle la participation civique des populations immigrées ?

Comment la religion influence-t-elle la participation civique des populations immigrées ?

Au cours des derniers mois, une centaine de personnes ont participé à une série de séminaires qui ont examiné le rôle de la religion dans le processus d’immigration au Canada. Le dernier et dernier séminaire a porté sur l’engagement civique et la participation des nouveaux arrivants à la vie de la société.

Au cours des derniers mois, une centaine de personnes ont participé à une série de séminaires qui ont examiné le rôle de la religion dans le processus d’immigration au Canada. Le dernier et dernier séminaire a porté sur l’engagement civique et la participation des nouveaux arrivants à la vie de la société.

La série de séminaires est un partenariat entre le Bureau des affaires publiques de la Communauté bahá’íe du Canada, le Global Migration Lab de la Munk School of Global Affairs and Public Policy et le Multifaith Centre de l’Université de Toronto. Elle a rassemblé des praticiens, des universitaires, des étudiants et des membres du public afin d’apprendre et de discuter du « lien entre religion et migration », de l’établissement initial au Canada, des processus d’accommodement mutuel et, maintenant, de la citoyenneté et de la participation civique.

Chaque séminaire a suscité des discussions sur la façon dont les croyances et les pratiques religieuses, la vie communautaire religieuse et les institutions religieuses influencent les parcours des immigrants vers la participation à la vie et à la société canadiennes.

Le dernier séminaire s’est concentré sur un certain nombre de questions : De quelles manières et dans quelles conditions la religion aide-t-elle ou entrave-t-elle ce processus de participation civique pour les nouveaux arrivants au Canada ? Que peut-on faire pour renforcer la participation des nouveaux arrivants à la société canadienne d’une manière qui n’impose pas une laïcité rigide ou fermée ? Comment les groupes religieux devraient-ils structurer différemment le dialogue interconfessionnel pour promouvoir une plus grande participation civique ? Quels autres espaces existent pour que cette conversation puisse se développer ?

La discussion a été menée par Adiba Hasan, un étudiant diplômé de l’école Munk qui a travaillé comme coordinateur de la série de séminaires en association avec le Bureau des affaires publiques et le Centre multiconfessionnel. Un panel de discussion a réuni un certain nombre d’intervenants : Esther Maloney, directrice de Illumine Media ; Nuzhat Jafri, directrice exécutive du Conseil canadien des femmes musulmanes (CCFM) ; et Daniel Abramson, directeur du développement des programmes d’études du projet Tikkun à l’externat Leo Baeck.

Mme Jafri a décrit un paysage religieux en rapide évolution au Canada, alors que la population musulmane augmente en raison de l’immigration et de l’accroissement naturel. Le CCFM vise à affirmer l’identité de ses membres en tant que canadiennes et musulmanes, et à essayer de « briser les barrières pour aider les gens à se parler ». Elle a souligné l’importance de la jeunesse en tant que population pour s’engager dans des efforts visant à corréler les principes et les valeurs de leur religion avec une orientation de « leadership serviteur » et de « construction de la communauté » avec la société au sens large.

M. Abramson a parlé du rôle de l’éducation dans la promotion d’attitudes et de pratiques d’engagement civique, dans le contexte d’une école juive. L’étude des récits bibliques et des textes juifs contribue à favoriser un sentiment d’identité qui permet aux élèves d’être des agents positifs de changement au sein de leur communauté. Il a donné des exemples d’environnementalisme et de travail avec les populations sans-abri.

Mme Maloney a parlé des idées qui ont émergé de ses recherches de troisième cycle et du travail d’Illumine Media, un projet d’inspiration bahá’íe qui travaille avec des jeunes pour produire du nouveau contenu médiatique. À Toronto, de nombreux jeunes ne voient pas leur situation personnelle, leur vie familiale ou leurs aspirations spirituelles reflétées dans les médias qu’ils consomment. Elle a dit que « les jeunes ont un désir de nourrir des récits qui peuvent les combler » et que « les histoires que nous racontons peuvent être un pont émotionnel et spirituel entre nos différences ».

M. Abramson a ajouté que le discours et la pratique du multiculturalisme au Canada négligent parfois le rôle joué par la religion. Dans notre désir d’être « ouverts » aux autres, nous « sautons parfois par-dessus l’étape où nous essayons de nous comprendre ».

Mme Maloney a noté que souvent les enfants et les jeunes sont les protagonistes les plus influents dans le processus d’immigration et de participation civique. « Ils sont à la lisière de la famille, celle qui fait le lien entre la famille et la communauté ». Pour eux, la religion peut être une ressource spirituelle qui les aide à gérer et à résoudre les contradictions et les tensions entre la maison, l’école et la vie civique.