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Des discussions parallèles aux Nations Unies mettent en évidence les approches communautaires et culturelles en matière de justice

Des discussions parallèles aux Nations Unies mettent en évidence les approches communautaires et culturelles en matière de justice

Quelles sont les transformations individuelles, culturelles et systémiques nécessaires pour assurer la pérennité des progrès en matière d’égalité entre les sexes ? Deux tables rondes ont été organisées en mars par la Communauté internationale bahá’íe (CIB) dans ses bureaux new-yorkais pour aborder cette question cruciale.

Le Bureau des affaires publiques de la Communauté bahá’íe du Canada a collaboré à l’organisation de deux discussions parallèles lors de la 70e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies. La première était une table ronde conjointe avec le bureau des affaires publiques bahá’í du Royaume-Uni, grâce au soutien des gouvernements canadien et britannique. La seconde séance de discussion a été coorganisée avec Crossroads International et la Barbra Schlifer Commemorative Clinic.

La première séance de discussions, intitulée « Repenser la justice au travail : transformation structurelle et culturelle », a débuté par ces paroles : « Les lieux de travail ne servent pas uniquement à la productivité économique. Ce sont des lieux qui nous aident à nous impliquer, à contribuer à la société, à nous engager auprès des autres. »

 « Ce sont des lieux où les gens font l’expérience de la concurrence ou de la collaboration. De la division ou de l’unité », continuait le discours. « Et pourtant, pour la plupart des femmes, ces lieux de travail ont été conçus sans tenir compte de leurs réalités. »

La justice dans l’univers professionnel

Gillian Unsworth, directrice adjointe de la Division de l’égalité des femmes à l’Office for Equality and Opportunities du gouvernement britannique, a présenté les prémisses de l’écart salarial entre les sexes. Elle a examiné les répercussions des exigences de déclaration imposées par le gouvernement depuis 2017.

Selon Mme Unsworth, cette mesure a incité les grandes entreprises à divulguer leurs données sur l’écart de rémunération entre les sexes et à présenter leurs plans d’action pour y remédier. Elle a mis en évidence les progrès réalisés dans ce domaine, qui « créent un environnement qui permet aux femmes de réussir. Et la réalité est que si nous corrigeons les systèmes et les processus, cela permet à tout le monde de réussir ».

 « Les injustices et les inégalités ne sont souvent pas intentionnelles ; elles peuvent provenir d’attitudes héritées ou profondément ancrées », a expliqué Mary Darling. Elle s’appuie sur son expérience de cofondatrice, de directrice et de productrice exécutive chez WestWind Pictures. Elle s’est engagée activement à comprendre et à combattre la norme des écarts salariaux entre les sexes. Elle a souligné que « Le changement ne se produit pas d’un seul coup ». « Il faut du courage. »

Quel visage revêt la justice dans un contexte professionnel ? Alison Marshall, directrice générale d’Age International, a expliqué que c’est « la mise en œuvre des droits de l’homme tout en reconnaissant l’humanité intrinsèque de tous les travailleurs ». Elle a souligné l’importance persistante de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 dans cette question et a attiré notre attention sur l’âge et le handicap en tant qu’autres axes de discrimination subis par les femmes.

Tamara Thermitus, avocate renommée et porte-parole du Diversity Institute de l’Université métropolitaine de Toronto, a continué la conversation.

« Ma vie de femme est ma vie de femme noire. Je ne peux pas me diviser en deux, ni en trois, ni en sept parties. J’ai été victime de discrimination en tant que femme, j’ai été victime de discrimination en tant que personne noire et je me trouve dans une position intersectionnelle. »

Elle a souligné l’importance de la présence de magistrats et de membres de conseils d’administration qui soient conscients des défis sociaux auxquels font face les personnes marginalisées et de la discrimination qu’elles endurent.

« La loi telle qu’elle est écrite n’est pas la loi telle qu’elle est appliquée », a-t-elle affirmé.

Approches centrées sur la collectivité

La discussion s’est poursuivie lors de la seconde rencontre, animée par un groupe intitulé « Des solutions ancrées dans la communauté pour une justice visant à mettre fin à la violence sexiste au-delà des approches punitives ». Elle s’est tenue le 13 mars 2026 en partenariat avec Crossroads International, la CIB et la Barbra Schlifer Commemorative Clinic.

Le but de cette conversation était d’éclairer les participants sur les concepts de justice axée sur la métamorphose et la collectivité. De plus, il visait à leur faire découvrir des solutions pratiques à l’opposé des méthodes répressives. Les participants ont souligné l’importance de la législation pour protéger les femmes. Cependant, plusieurs d’entre eux ont mis en évidence le fait qu’un changement durable nécessite de s’attaquer aux racines profondes de la violence en modifiant progressivement les perceptions, les conventions et les convictions de la société.

Andy Tamas a mis en évidence le rôle crucial de la socialisation et de l’éducation dans la définition de l’identité masculine. S’appuyant sur son travail effectué au sein de Men’s Shed Canada, il a fait remarquer que les conceptions identitaires fondées sur une opposition « nous contre eux » peuvent contribuer à la fois à la violence et à l’adoption d’approches punitives pour y faire face.

Plusieurs personnes ont approuvé l’idée que le système judiciaire doit s’ajuster à la communauté pour servir l’ensemble de ses membres.

Deepa Mattoo, directrice générale de la Barbra Schlifer Commemorative Clinic, a souligné l’importance de solutions communautaires en alternative à l’incarcération pour lutter contre la violence sexiste.

Mawulawoe Awiy, directrice générale du Network of Women in Growth (NEWIG), a fourni des éclairages précieux sur la situation au Ghana en mettant en évidence l’importance de l’autonomie économique, du leadership féminin et des discussions communautaires pour protéger les femmes et prévenir la violence sexiste.

Pour relever ces défis, la modératrice Hilina Wassihun Meseret, de Crossroads International, a mis de l’avant la nécessité de créer en partenariat des systèmes judiciaires qui répondent aux besoins de tous les membres de la société.

Selon Marissa Kokkoros, fondatrice et directrice générale d’Aura Freedom International, pour mettre fin à la culture de la violence, il est essentiel d’en identifier les causes profondes.

« Si nous voulons vraiment mettre fin à la violence sexiste, nous devons remonter à la source », a-t-elle déclaré. « La source, c’est la prévention et l’éradication.  

« C’est là que nous empêchons les gens de tomber dans la rivière, ou d’y être poussés. »

L’un des objectifs principaux de l’échange était de favoriser l’établissement de collaborations interrégionales pour renforcer les initiatives visant à combattre la violence sexiste. Les participants cherchaient également à déterminer les cadres et outils permettant une responsabilisation et une prévention axées sur les survivants. Finalement, les participants ont quitté la réunion en envisageant de futures collaborations.