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Dévoilement du projet architectural de la Maison d’adoration bahá’íe nationale du Canada

Dévoilement du projet architectural de la Maison d’adoration bahá’íe nationale du Canada

Le concept reflète les aspirations de la population diversifiée du Canada et est profondément inspiré par le territoire sur lequel la Maison d’adoration sera érigée.

Le projet de construction de la Maison d’adoration bahá’íe nationale du Canada a franchi une importante nouvelle étape avec la présentation du concept du temple.

Le 17 octobre, un rassemblement a eu lieu près du site du temple afin d’annoncer et de présenter officiellement le concept architectural de la maison d'adoration. Quelque 115 personnes y ont participé, notamment des invités spéciaux de la Ville de Markham, le député provincial de la circonscription de Don Valley North à Toronto, des jeunes et des familles des quartiers entourant le site du temple, ainsi que des représentants de communautés de partout au Canada.

Adapté à son environnement unique au milieu des arbres, l’édifice sera modeste, intégrant des éléments transparents et s’insérera harmonieusement dans le boisé environnant. Le projet s’inspire de l’idée de l’unité dans la diversité, un principe au coeur des enseignements bahá’ís et qui revêt une importance particulière dans le contexte canadien.

L’architecte, James Jing Yi Jiang, de Vancouver, en Colombie-Britannique, décrit ainsi le concept : « Neuf panneaux identiques, disposés de manière asymétrique, créent une composition variée mais cohérente, exprimant l’idée que les différences n’ont pas besoin de disparaître pour qu’un ensemble plus grand puisse émerger. Sous les panneaux, une structure symétrique rythme un ordre sous-jacent, permettant aux éléments individuels de s’unir pour former un tout. »

Le site du temple est un lieu de prière et de méditation depuis des décennies. En 1958, l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís du Canada a acquis un terrain à Toronto à titre de dotation en vue d’y construire un temple. Ce terrain a ensuite été vendu et, en 1968, l’Assemblée a acquis la propriété actuelle, située à Markham, en Ontario, tout juste à l’extérieur de Toronto.

Le programme de la cérémonie a mis en lumière cette histoire, tout en soulignant que la responsabilité de prendre soin de ce territoire remonte à plusieurs générations. Bob Watts, un bahá’í des Nations mohawk et ojibwée, dont la grand-mère fut la première bahá’íe autochtone au Canada, a partagé ses réflexions sur la signification de ce terrain lors d’une conversation avec son petit-fils Nico Diaz. Ensemble, ils ont évoqué la responsabilité sacrée de ceux qui ont pris soin de ce terrain au fil du temps, ainsi que le caractère profondément approprié de voir une Maison d’adoration s’y élever comme source de guérison en cette période où les divisions s’accentuent.

L’architecte a décrit comment le concept reconnaît le territoire comme une présence active et vivante. « Par son ouverture et ses tons naturels de bois, le Temple cherche à se fondre dans la forêt, créant un lieu de prière et de réflexion qui donne l’impression d’avoir toujours été là. » a-t-il expliqué.

 « La forme des courbes évoque le vent, comme les traces et les ondulations laissées sur le temple par la brise. » a-t-il poursuivi.

Dans le cadre du processus de conception, James Jing Yi Jiang a rencontré des jeunes de la région, dont plusieurs prient régulièrement sur le site du temple. Il a confié : « Lorsque les jeunes ont décrit leur vision du futur temple, c’était comme si celui-ci avait une personnalité. Ils ont dit que le temple était comme une mère, comme un ami, comme quelqu’un qui peut vous soutenir lorsque vous traversez des difficultés. » À la suite de ces échanges, il a modifié les couleurs du temple afin de leur donner une tonalité plus chaleureuse et plus accueillante.

La cheffe Margaret Sault, de la Première Nation des Mississaugas de Credit, qui avait transmis une déclaration écrite pour l’occasion, a fait remarquer : « Une maison d’adoration est bien plus qu’un bâtiment. Cela peut être un endroit où les gens se rassemblent, trouvent la paix, réfléchissent à leurs responsabilités les uns envers les autres et renforcent leurs liens avec la communauté. »

La Maison d’adoration bahá’íe tire son appellation du mot arabe Mashriqu’l-Adhkár, qui signifie « le lieu où se lève le souvenir de Dieu ». « C’est un lieu où puiser l’inspiration et la force nécessaires pour servir notre communauté, nos familles et nos professions. Il réunit ainsi deux aspects essentiels et inséparables de la vie humaine et de son but : l’adoration et le service. » a déclaré Karen McKye, secrétaire de l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís du Canada.

Bien que le site ait été acquis il y a plus de 50 ans, cette période n’a pas été marquée par l’attente, mais plutôt par l’épanouissement de la communauté. Dans de petits milieux partout au pays, enfants et jeunes, adultes et aînés ont puisé dans un processus éducatif qui affirme que la vie communautaire constitue une sphère essentielle de transformation sociale.

Karen McKye a évoqué cette période en ces termes: « Nous devions développer notre propre capacité à faire naître des communautés dynamiques qui seraient le reflet du même processus de construction d’une Maison d’adoration. » Puis, en 2023, la Maison universelle de justice a annoncé avec joie que le moment était venu de construire le Temple.

Les préparatifs sur le chantier s’accélèrent désormais. L’été dernier, cinq jeunes ont fait plus de huit heures de route depuis différentes régions du Québec afin de servir sur le site du Temple, où ils se sont employés avec diligence à éliminer des espèces végétales envahissantes. L’un de ces jeunes, Yohann Lamorie, a déclaré : « Puisque nous contribuons à améliorer le site en vue de la construction du Temple, cela nous aide à développer un sentiment d’appartenance… » « On a l’impression que c’est notre Temple. » a confirmé Alif Nakhostine, un autre jeune.

Le maire Frank Scarpitti de Markham, en Ontario, la municipalité où le Temple sera construit, a déclaré : « Au cœur de vos croyances se trouvent l’unité de Dieu, l’unité des religions et l’unité de l’humanité. Ici, à la Maison d’adoration bahá’íe du Canada, cette unité s’étend également avec le trritoire, qui offrira un cadre extraordinaire à toutes les personnes qui viendront en ce lieu. »

Le député provincial de Don Valley-Nord, à Toronto, Jonathan Tsao, a évoqué les liens historiques de sa famille avec la foi bahá’íe. Il est l’arrière-arrière-petit-neveu du Dr Y. S. Tsao, l’un des premiers bahá’ís de Chine. Il a déclaré : « Vous n’êtes pas seuls dans votre aspiration à bâtir une société plus égalitaire. Que nous soyons chrétiens, musulmans, bahá’ís ou, tout simplement, êtres humains, nous croyons tous fondamentalement en l’unité de l’humanité. »

Depuis l’annonce, le mois dernier, du choix du concept et de l’architecte du temple, un esprit d’anticipation s’est intensifié. Plus de 2000 bahá’ís de partout au pays et leurs amis se sont réunis pour assister au dévoilement grâce à une diffusion en direct.

Une fois achevée, la Maison d’adoration bahá’íe sera la première à être construite au Canada. À proximité, le Centre éducatif de Don Valley accueille les activités de l’institut de formation et offre des programmes éducatifs destinés aux enfants, aux jeunes et à leurs familles.

« Le temple est un cadeau offert au Canada en tant que nation. C’est un lieu d’accueil, d’unité et d’appartenance. » a déclaré Karen McKye.